Etats généraux de l’alimentation : à la recherche de plus d’équité avec la filière agricole

De juillet à novembre 2017, 500 acteurs de la filière agricole vont plancher sur les difficultés économiques et les enjeux sanitaires et environnementaux de ce secteur, dans le cadre des Etats généraux de l’Alimentation. Les restaurateurs comme les consommateurs sont invités à participer ?

Le 20 juillet dernier, le nouveau ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a ouvert officiellement les états généraux de l’alimentation, annoncés en juin par Emmanuel Macron et déjà envisagés lors de sa campagne.

Prévus pour durer jusqu’en novembre, ces états généraux rassemblent près de 500 représentants des horizons divers de la filière agricole : agriculteurs, pêcheurs, producteurs et leurs syndicats et coopératives, industriels de l’agroalimentaire, distributeurs, associations de consommateurs, élus, restauration collective, professionnels de santé, banquiers et assureurs, ONG environnementales ou caritatives et acteurs de l’économie sociale et solidaire. Objectifs : les aider, au travers de débats et de 14 ateliers thématiques, à trouver des solutions concrètes à la profonde crise économique et aux scandales sanitaires et environnementaux qui plombent ce secteur. A leur côté, des représentants de 11 ministères et de la Commission européenne.

Des attentes fortes aux deux extrémités de la chaîne fourche-fourchette

Parmi les solutions très attendues des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs, toutes celles qui leur permettront d’enfin vivre dignement, avec un cessez-le-feu définitif dans leur guerre des prix avec les intermédiaires. Côté consommateurs et restaurateurs, qui disposent pour s’exprimer d’une plate-forme de consultation (Voir encadré), et côté ONG, les desiderata concernent la qualité démocratisée de ce qui finit dans l’assiette. Pour répondre à cette double attente, ces états généraux de l’alimentation sont organisés en deux chantiers : l’un consacré, en termes officiels, « à la création et à la répartition de la valeur » et le second à une « alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ».

Des dents qui crissent côté transparence des prix et respect environnemental

Bien qu’ils commencent à peine, ils sont déjà l’objet de nombreux bémols. Dans un article AFP relayé par Le Point économie, l’UFC Que Choisir s’inquiète de « l’impasse », faite dans les débats prévus, « sur la transparence des prix au consommateur, sur les perturbateurs endocriniens, ou sur la réglementation environnementale qui s’impose déjà aux activités agricoles ». Le journal L’Humanité déplore que le pilotage de ces états généraux soient confié uniquement au ministère de l’Agriculture, plutôt que partagé avec le ministère de la Transition écologique et solidaire de Nicolas Hulot. Quant au quotidien de l’écologie Reporterre, il dénonce une occupation des premiers rangs des débats par les seuls « représentants des industries agro-alimentaires, de la grande distribution et des grandes institutions (Conseil national de l’alimentation, Inra), …, aux côtés des délégués de la FNSEA » et craint qu’ils ne soient in fine les grands gagnants.

Une consultation publique ouverte aux consom’acteurs

Afin de permettre aux citoyens, restaurateurs inclus, d’être parties prenantes aux débats, l’Etat a mis en place une plate-forme de consultation publique et de démocratie participative à ce projet collectif autour de l’alimentation : egalimentation.gouv.fr. Cette plate-forme permet de suivre les débats en cours et de donner son avis sur les 3 thèmes qui les structurent :

  • Comment favoriser une chaîne de production agroalimentaire plus durable et plus équitable
  • Comment favoriser une consommation plus saine, plus sûre et plus respectueuse de l’environnement
  • Comment concilier compétitivité internationale de la production agro-alimentaire et respect des enjeux sociétaux internationaux
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