La TV au restaurant, pas si évident

Créer une ambiance musicale, ou laisser une télévision allumée dans votre restaurant, une bonne idée ? Au-delà du coût, non négligeable, de l’opération, mieux vaut analyser les attentes de votre clientèle… pour ne pas commettre d’impair !

De nombreux restaurants, et notamment des cafés-restaurants, disposent aujourd’hui d’une, voire de plusieurs télévisions, qui restent allumées pendant tout le service. Au programme, très souvent, les chaînes d’information continue – qui présentent l’avantage de ne pas nécessiter de monter le son, grâce aux bandeaux défilant en bas de l’écran – ainsi que les retransmissions sportives. D’autres établissements choisissent plutôt des chaînes passant des clips, afin de renouveler, en ajoutant l’image au son, leur ambiance musicale.

Un coût non négligeable

Mais la diffusion de musique via des téléviseurs est réglementée… et triplement payante. Selon la taille de l’établissement ou la population de la ville d’implantation, ce montant se décompose d’abord en deux parties (Redevance SACEM et redevance SPRE) : La redevance due à la SACEM concerne les droits d’auteurs, celle versée à la SPRE l’est au nom d’une « rémunération équitable ».

Au total, les redevances de base vont de 500 à 2000 euros environ pour la SACEM, et de 100 à 800 euros environ pour la SPRE. Ensuite, en fonction du nombre de téléviseurs, le montant de la redevance SACEM peut être augmenté de 50%.

L’adhésion à un groupement professionnel, par exemple un syndicat, permet aux restaurateurs de faire baisser la note. Jusqu’à présent, cette réduction était de 33% sur la taxe SACEM mais d’âpres négociations ont eu lieu ces dernières années, pour faire progressivement descendre le rabais jusqu’à 20% en 2019, selon un calendrier désormais fixé.

Des réductions possibles sous conditions

D’autres réductions existent, non cumulables avec celles évoquées précédemment : 50% pour les établissements ne disposant pas de hauts parleurs, 15% pour ceux qui réalisent moins de 80 000 euros de chiffre d’affaires annuel.

Il existe une possibilité de contourner ces coûts élevés, en diffusant des listes musicales composées uniquement de morceaux libres de droit. Certaines sociétés proposent ainsi des abonnements mensuels à partir de 10 euros. L’éventail des morceaux disponibles est évidemment réduit mais cela peut suffire pour une musique de fond. Solutions disponibles chez Radiosparks ou Jamendo par exemple.
Dans tous les cas, une redevance sera due pour le téléviseur, comparable à celle payée par les particuliers (environ 130 euros) mais beaucoup plus chère si le poste se trouve derrière le comptoir (environ 500 euros)

Pourquoi mettre un téléviseur, au fait ?

On le voit, pour être en paix avec les impôts, le possesseur d’un restaurant de taille moyenne va payer jusqu’à 2000 euros de taxes annuelles. Mieux vaut donc savoir si cela en vaut la peine !

Certaines situations exigent quasiment un téléviseur

  • Café-restaurant avec une clientèle de turfistes
  • Etablissement ouvert en journée, pour inciter à la consommation de snacking
  • Brasseries et restaurants avec une clientèle de VRP, le soir notamment

D’autres au contraire l’interdisent ou presque…

  • Restaurant gastronomique
  • Restaurant destiné à une clientèle d’affaires

Pour orienter votre choix, il pourra être intéressant de consulter vos clients fidélisés afin de connaître leur opinion, et d’adapter la programmation à leurs besoins.

Enfin, pourquoi ne pas imaginer des développements de votre business autour d’évènements liés à la télévision ; par exemple, lors de retransmissions sportives à fort enjeu, ou encore en organisant de soirées Karaoké pour les familles. Alors, oui à la TV dans votre restaurant mais si vous restez en veille pour en tirer un vrai bénéfice.

Bon à savoir avant d’installer une télévision

  • Trois taxes seront dues pour un montant total pouvant dépasser les 2 000 euros
  • La taxe SACEM est la principale, elle est due si vous diffusez de la musique, même de simples clips musicaux sur une chaîne spécialisée
  • La taxe SPRE complète la rémunération des auteurs, selon les mêmes règles de calcul (taille et lieu d’implantation de l’établissement)
  • S’ajoute à cela la redevance TV classique, éventuellement majorée si le poste se trouve derrière le comptoir
  • Diverses réductions sont possibles
  • Des solutions alternatives (listes musicales libres de droit) permettent de faire baisser la facture
  • Les amendes en cas de non-respect de la réglementation sont fréquentes et de plusieurs centaines d’euros.
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