Mieux répondre aux attentes des clients grâce à plus de bio dans les champs ?

Alors que les français réclament plus de bio, jusque dans les restaurants, l’annonce du ministre de l’agriculture Stéphane Travert pour 2% et quelques de plus de surfaces cultivées bio, semble tomber à pic. Sauf à ne rester qu’un effet d’annonce !

Selon une récente étude (Agence BIO / CAS Research), 69 % des français disent consommer régulièrement du Bio à la maison (avec une augmentation de 21,7% de cette consommation entre 2015 et 2016) et ils sont 80% à souhaiter pouvoir le faire également dans les restaurants. Pour les restaurateurs qui souhaitent satisfaire ces nouvelles attentes, l’annonce du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, faite le 31 juillet, est donc une bonne nouvelle : A l’horizon 2021, l’Etat souhaite en effet convertir 8% de la surface agricole au bio, contre 5,7% officiels à fin 2015.

Un petit transfert des aides de la PAC vers le bio

Pour atteindre cet objectif, le ministre a demandé la prorogation du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique sur les revenus 2018, soit un an de plus que prévu : à Matignon de trancher ! Et une petite partie (4,2%) du montant des crédits de la PAC pourrait également basculer du panier des grands céréaliers vers ceux des petites exploitations des zones défavorisées, des jeunes agriculteurs en phase d’installation et du développement du bio. Les Régions, qui gèrent l’allocation des fonds européens agricoles pour le développement rural (Feader), pourront également, si elles le souhaitent, soutenir cette reconversion vers le bio.

250 à 300 millions par an nécessaires pour soutenir le bio

Du côté de la « sphère bio » toutefois cette annonce ne génère pas l’enthousiasme. Au contraire, ce 4,2% est jugé trop faible, voire hypocrite, compte tenu des besoins réels : selon les agriculteurs bio, il manquerait en effet près de 850 millions d’euros pour financer l’agriculture bio jusqu’en 2020. Quant aux grands céréaliers, dont la pression s’est montrée efficace ces dernières années, il n’est pas certain qu’ils laissent ces 4,2% quitter leur beau panier. Espérons qu’au-delà des clivages et des polémiques, nos politiques et nos lobbies sauront entendre la voix des consommateurs en demande de bio dans leur assiette, à la maison comme à l’extérieur, une voix qui sonne comme celle de la raison en termes de santé et de protection de l’environnement !

La France bonne élève européenne !

Selon l’organisme européen des statistiques Eurostat les superficies cultivées en bio dans l’Europe des 28 a été augmentée de près de 21% entre 2010 et 2015. Aujourd’hui, 4 pays se partagent à eux seuls 52% de ces surfaces cultivées bio, dans cet ordre : L’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne. Bonnes élèves également pour leur pourcentage de terre converties en bio : l’Autriche avec plus de 20%, La Suède, plus de 17% et L’Estonie, plus de 16%. Le plus mauvais élève : Le Royaume-Unis, qui a réduit de 29% ses surfaces cultivées en bio entre 2010 et 2015. Cela ne l’empêche pas de faire partie des 4 qui consomment 70% du bio européen produit, avec l’Allemagne, le France et l’Italie.

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