Ouvrir les portes de votre restaurant aux co-workers

Rentabiliser votre salle de restaurant en dehors des heures de déjeuner ou de diner ? Plusieurs startups se proposent de vous mettre en relation avec des co-workers à la recherche de locaux pour leurs réunions ou plus simplement, pour sortir de leur isolement. Un modèle d’avenir ?

L’idée est dans l’air du temps. Avec le développement du télétravail, des professions indépendantes et autres autoentrepreneurs, le nombre de travailleurs appelés à se retrouver, toute la journée, enfermés entre les murs d’une pièce de leur domicile, ne cesse d’augmenter. Pourquoi ne pas leur proposer des solutions pour sortir de cet isolement ? Par exemple en leur ouvrant les portes de votre restaurant, en dehors des heures de service ?

Plusieurs startups se sont lancées sur ce créneau, comme Frenchwork, imaginée par Jérôme Introvigne, avec son partenaire Sébastien Hordeaux, à Toulouse. Ses réflexions sur le sujet ont de quoi faire réfléchir :

  • Il y a 75 000 restaurants, dont les salles sont inoccupées et donc utilisables pendant la moitié de leurs heures d’ouverture.
  • Il y a environ 15 000 vrais co-workers en France, c’est-à-dire des travailleurs indépendants qui utilisent ponctuellement ou en permanence les espaces de co-working qui fleurissent dans les grandes métropoles, pour des tarifs quotidiens entre 20 et 30 euros
  • Mais si on élargit la cible à l’ensemble des travailleurs indépendants, et aux télétravailleurs, la population visée atteint presque deux millions de personnes
  • Les moyens des indépendants sont assez limités, avec des revenus qui n’excèdent souvent pas les 2000 euros par moi

Résultat, les premières tentatives d’intermédiation, entre des restaurateurs volontaires pour accueillir ces nouveaux clients, et ces derniers, sont assez décevantes. « Nous sommes en train de repenser notre politique tarifaire » convient Jérôme Introvigne. « Notre première approche, à dix euros la demi-journée avec une boisson chaude au choix dans la carte du restaurant, semble encore trop élevée ».

Pourtant, les dizaines de restaurants (à Toulouse et à Paris) qui ont adhéré à son service, dès son lancement, proposent souvent des lieux d’exception. Et côté clients, les besoins sont également bien réels : pour une réunion avec un prospect ou des partenaires, ou tout simplement pour sortir quelques heures de chez soi.

« Je pense tout simplement qu’il faudra un peu de temps pour que s’opère le changement culturel nécessaire, estime Jérôme. L’idée est tout de même dans l’air du temps, puisqu’un peu partout dans le monde des startups se sont lancés dans l’aventure. A New-york par exemple, il est devenu possible de se retrouver dans un restaurant pour moins de 5 dollars. Quand on songe au prix des bureaux là-bas ».

Quatre conseils aux restaurateurs pour attirer les co-workers

  • Les considérer comme des clients « fonciers », qui payent pour occuper une surface jusqu’ici sans aucune rentabilité. Et pas comme des consommateurs de boissons chaudes qui s’attardent trop longuement.
  • Penser à leur confort : accès wi-fi performant, possibilité de s’isoler du bruit éventuel, formules d’abonnement, etc
  • En attendant que des plates-formes d’intermédiation fluidifient la mise en relation entre l’offre et la demande, commencer dès maintenant à prospecter les candidats à l’aventure dans votre quartier. Pourquoi pas en présentant votre nouvelle offre sur le site du restaurant ?
  • Ne pas hésiter à prospecter également les TPE du quartier, qui n’ont pas toujours des locaux de taille suffisante ou d’un confort suffisant pour accueillir des réunions commerciales importantes.
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