Titre restaurant dématérialisé : pourquoi les restaurateurs ont tout intérêt à s’y mettre

Le décret instaurant les titres restaurant dématérialisés date d’avril 2014. Les principaux fournisseurs de titres se sont hâtés pour proposer cette alternative à leurs titres papier. La courbe d’acceptation, par les salariés comme par leurs employeurs, ne cesse de progresser. Et du côté des restaurateurs ?

Les chiffres sont parfois à double sens. Ainsi, fin 2016, Edenred, leader du titre restaurant dans le monde et en France, communiquait fièrement les premiers résultats de la mise à disposition de sa fameuse Carte Ticket Restaurant®, lancée dès avril 2014 pour proposer une alternative à la version papier… en vigueur depuis 1962 !

Il faut dire que les statistiques étaient déjà éloquentes :

  • Il y avait alors 220 000 porteurs de la Carte (dans 2 000 entreprises)
  • 130 000 points de vente acceptaient ce titre de paiement dématérialisés
  • Plus de la moitié des 60 000 transactions quotidiennes étaient réalisées dans la restauration (le reste en hypermarché et petite restauration)

Cependant, il fallait aussi déplorer le manque de transactions finalement réalisées avec ces cartes (26 millions « seulement », soit 200 en moyenne par point de vente (montant moyen : 11,4 euros).

Que des avantages ou presque pour le restaurateur

C’est bon pour l’efficacité

Un encaissement facilité : le paiement par carte titre restaurant se fait via un terminal de paiement traditionnel (type carte bancaire). Comme le client paye au centime près son addition (dans la limite de 19 euros quotidiens), le restaurateur n’a pas à rendre de monnaie ni d’avoir – ce qui est de toute façon non réglementaire. Par ailleurs, le montant maximum d’un paiement étant inférieur à la limite d’acceptation des paiements sans contact (20 euros, voire 30 pour les terminaux mis à jour en ce sens depuis le 1er octobre 2017), l’encaissement est encore plus rapide. Et toujours sécurisé !

Les règles d’utilisation du titre restaurant sont automatiquement vérifiées : avec le temps, de nombreux usages détournés du titre restaurant historique sont apparus : rendu de monnaie, production d’avoirs, achats de produits non éligibles dans les commerces, utilisation le soir ou le week-end, utilisation par des tiers (enfants), paiement de notes importantes avec un nombre élevé de tickets, etc.

Grâce à la validation en temps réel des conditions d’utilisation du titre dématérialisé, via le terminal de paiement, ces dérives disparaissent. Une bonne nouvelle pour le restaurateur qui souhaite tout simplement respecter les règles. Mais aussi pour l’ensemble de la profession qui peut se réjouir de voir les usages frauduleux disparaître, ce qui aura pour effet de faire revenir vers la restauration traditionnelle des clients « égarés ».

C’est bon pour la trésorerie

La trésorerie du restaurant est créditée plus rapidement : les tickets restaurant papier demandent au restaurateur un travail de tri, puis de regroupement pour des remises en nombre aux intermédiaires (Métro, etc) ou à l’émetteur du titre restaurant. Certes, ces remises groupées permettent de limiter les frais postaux et font baisser le taux de commission sur le paiement des titres par l’émetteur. Mais par contre, les délais s’allongent entre le jour du paiement par le client et celui où la somme est effectivement créditée sur le compte bancaire du restaurant.

Avec la carte, le flux de paiement est traité beaucoup plus rapidement, et ce, quelques soit le nombre d’encaissements quotidiens. Le restaurateur est crédité en quelques jours des sommes perçues. Et le taux de la commission reste très compétitif par rapport à celui en vigueur sur les titres papier.

Notons aussi qu’il n’y a pas les risques de pertes liées aux acheminements des titres papiers, ou à la détérioration de certains d’entre eux (coins écornés, déchirures par exemple), ou encore à la présence certes limitée mais cependant bien réelle de « faux » titres restaurants en circulation. Là-encore, la disparition quasi complète de ces pertes améliore le chiffre d’affaires réel du restaurant.

Les restaurateurs séduits mais …

On peut se demander pourquoi, avec tous ces avantages, et alors qu’ils se disent généralement séduits par la nouvelle solution, les restaurateurs ne sont pas plus nombreux à accepter les cartes titres restaurants. Il y a cela trois raisons

  • Mécaniquement, il y a encore beaucoup plus de titres papiers que de titres dématérialisés. Les professionnels aimeraient certes que cela aille plus vite, mais ils ne sont pas maîtres du rythme d’acceptation des entreprises… et de leurs salariés. Patience donc !
  • Du coup, et tant que le titre dématérialisé ne se sera pas imposé, le restaurateur est encore tenu de gérer deux moyens de paiement, parfois lors d’un même encaissement. Il préférerait sans doute n’avoir plus que la carte devant lui au moment du paiement
  • Enfin, des mises à jour régulières des terminaux de paiement sont indispensables au bon fonctionnement du système. Or les restaurateurs sont souvent réticents à l’idée de payer pour cette maintenance. Elle leur permet pourtant, en ce cas, de profiter de tous les avantages de la carte. Ceux d’aujourd’hui et ceux à venir. Cela vaut peut-être le coup d’être plus rigoureux avec les mises à jour ?

Le titre dématérialisé en six points clés

  1. Il n’est pas encore obligatoire pour les entreprises et leurs salariés. Son acceptation par le restaurateur non plus ! Sauf bien sûr s’il s’est fait référencé par la CNTR.
  2. Mais le titre dématérialisé se diffuse de plus en plus largement et il devient dommageable de se priver d’une clientèle potentielle qui grandit
  3. Les paiements sont plus rapides à la caisse, contrôlés et sécurisés.
  4. Le compte bancaire de l’établissement est plus rapidement crédité (les remises fastidieuses de titres papier disparaissant au passage)
  5. Il est indispensable d’effectuer régulièrement les mises à jour des terminaux de paiement pour bénéficier de tous les avantages et mécanismes de sécurité des cartes titre restaurant
  6. Le titre restaurant dématérialisé arrive déjà sur les mobiles : Edenred a par exemple signé un accord avec Apple pour permettre aux bénéficiaires porteurs de sa carte d’utiliser leur compte Apple Pay pour régler leurs achats en restauration.
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