Livraison sur place : et si vous vous passiez des plateformes de réservation ?

Les français raffolent des repas livrés à domicile ou au bureau. Les plateformes – Deliveroo, Foodora, Allo Resto, Uber Eats, etc – tentent de s’imposer entre vous et vos clients. Il existe pourtant des solutions pour vous passer de ces intermédiaires coûteux… et envahissants.

Le phénomène de la restauration à livrer prend de l’ampleur. Au printemps dernier, le cabinet NPD Group a produit une étude qui mesure le phénomène. Les chiffres à retenir :

  • 125 millions de livraisons entre octobre 2016 et mars 2017 (6 mois) en progression de 35% sur l’année précédente
  • Un volume d’affaires de 1,7 milliard d’euros sur l’année 2016
  • Les grandes villes sont particulièrement concernées, Paris en tête
  • La livraison à domicile représente 2,3% des commandes aux restaurants
  • Le repas du soir reste le plus prisé (45% des commandes) mais le déjeuner effectue une percée notable (30%) et même le petit déjeuner (15%)
  • Une clientèle jeune : les 18-24 ans effectuent 55% des commandes
  • La pizza demeure un best-seller (25% des commandes) devant les burgers (15%) puis les sushis

Des commissions allant de 10… à 20, voire 30%

Les plateformes de réservation sont donc en pleine forme, d’autant que le montant de leurs commissions ne cesse d’augmenter, atteignant fréquemment 20, voire 30%.

Les restaurateurs, qui peinent à accroitre le nombre global de repas servis, ont donc toutes les raisons de s’inquiéter, si cette nouvelle forme de commercialisation de leurs repas « cannibalise » leurs prestations plus traditionnelles de service à la place. Et ce, même si leurs frais de service, justement, sont réduits avec une commande à emporter.

La fidélisation contre la banalisation… et l’appauvrissement

Pour lutter contre le phénomène, plusieurs solutions se dégagent.

  • Développer un site internet permettant de présenter des offres renouvelées quotidiennement, mais aussi la réservation des repas à livrer, voire le paiement en ligne. Bien évidemment, ce site sera aussi la vitrine de vos menus traditionnels servis au restaurant.
  • Si cette solution apparait trop couteuse, ou prématurée, utiliser les services d’assistants de réservation. Ils sont généralement prévus pour des repas servis « à table » mais peuvent être détournés pour gérer également des retraits, voire des livraisons – surtout si vous ne faites pas payer ces dernières.
  • Communiquer avec votre clientèle « traditionnelle » en lui proposant de s’inscrire sur des listes de fidélisation – avec d’éventuelles réductions à la clé. Il vous sera alors plus facile de lui communiquer, sur une base journalière ou hebdomadaire, vos offres de repas à emporter ou à livrer.
  • Lui faciliter la vie en acceptant tout moyen de paiement, y compris les cartes sans contact et les cartes titre restaurant.
  • Ne pas hésiter à démarcher les entreprises à proximité de votre établissement.

Tester de nouveaux concepts de repas

En organisant des prises de commande anticipées – par exemple la veille jusqu’à 19h pour les livraisons du déjeuner -, vous pouvez tester une nouvelle carte. En ce début d’année 2019, il serait par exemple intéressant d’essayer des menus végétariens ou veggie.

Autre piste prometteuse, développer une offre de proximité, réalisée avec un maximum de produits locaux – et bio si possible. L’imagination doit rester au pouvoir pour lutter contre les offres standardisées transportées en scooter par des coursiers sans âme. Mais là, c’est à vous de jouer !

La livraison jusque dans le frigo !

Idée intéressante, vue chez un traiteur montpellierain : la livraison jusque dans le frigo de la salle réservée au déjeuner dans les entreprises voisines.

« Avec le temps, on repère les collègues de travail qui viennent ensemble, aux mêmes heures, commander des repas chez nous. Il suffit alors de leur proposer ce service qui consiste à préparer des plateaux repas marqués à leur nom, puis de les apporter dans l’entreprise entre 11 et 12h ».

La confiance doit être de mise sur toute la ligne. Confiance du client dans la qualité des repas et la ponctualité des livraisons, confiance du restaurateur dans la fidélité de son client – même s’il n’y a pas d’abonnement -, confiance aussi de l’entreprise qui accepte de laisser une personne extérieure se rendre dans ses locaux pour ranger sa livraison… et reprendre la vaisselle sale issue des précédents repas.

« Mais au final le restaurateur est gagnant. Il a un volet assez constant de repas commandés la veille pour le midi suivant, il peut anticiper sur les quantités et mieux gérer l’agenda de sa journée. En particulier, les repas livrés avant le coup de feu de midi correspondent à autant de clients qu’il ne faudra pas traiter au moment critique » !

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