Economiques, ouvriers, routiers, buffets… les vertus à redécouvrir des menus pas chers

Et si votre principal concurrent n’était pas le restaurateur voisin, mais plutôt la boulangerie du coin ou le charcutier traiteur avec ses offres « repas complet » à moins de dix euros ? S’y attaquer va vous demander d’élaborer des menus à prix agressifs. Cela tombe bien, c’est possible…

Il n’y a pas si longtemps, s’arrêter dans un relais routier représentait un must pour le VRP dans sa longue journée de voyage. L’assurance de trouver, pour un prix attractif, un menu complet, roboratif, cuisiné avec des produits de qualité – et souvent locaux -, servi en un temps record.

Ces temps semblent révolus. Aujourd’hui, pour le prix d’un titre-restaurant (8 euros en moyenne de valeur faciale), les clients préfèrent s’arrêter dans une boulangerie, un charcutier-traiteur ou encore un fast-food. Ils vont pouvoir y trouver un sandwich ou un plat chaud, une boisson et un dessert.

Peut-on être compétitif à moins de dix euros le repas ?

A ce prix, impossible le plus souvent de s’asseoir. Et la qualité nutritionnelle des sandwichs prête toujours à débat. Y aurait-il la place pour une nouvelle concurrence… celle de restaurateurs capables de jouer la bonne combinaison entre le prix, le service et la qualité ?

Certains confrères ont déjà relevé le défi. Voici les ingrédients de leur succès

  • Menu buffets à volonté: même en plein centre-ville, la recette peut fonctionner (voir encadré). Le grand avantage de ces formules, c’est que le client va lui-même remplir son assiette : frais de service réduits au minimum. Il faut privilégier les plats « faits maison », pour d’évidentes questions de coût. Important également, le renouvellement régulier de l’offre sur les présentoirs, de manière que même les habitués puissent être – agréablement – surpris. Cela implique une réorganisation des flux, pour passer à une gestion quasi-industrielle des approvisionnements et de la mise en salle. Car il faut plus de couverts pour être rentable.
  • Menu ouvriers ou routiers: ces deux appellations n’ont rien d’officiel. Mais elles ont connu leur heure de gloire. A utiliser aujourd’hui avec parcimonie – l’image de « cantines » qui leur colle à la peau ne fait plus forcément recette. Elles ont cependant le mérite d’annoncer clairement la couleur au visiteur de passage. Et il y a toujours une clientèle, sur la route ou sur les chantiers à proximité, pour vouloir se poser au chaud pendant une demi-heure. Petit conseil au passage, n’hésitez pas à jouer la carte de la fidélisation. Un bâtiment qui se construit dans le voisinage, cela signifie plusieurs mois de travaux et donc de clients potentiels à faire revenir tous les midis. Pourquoi ne pas leur offrir le café au bout de trois visites, ou leur réserver leur table préférée à heure fixe, s’ils vous garantissent leur venue ?
  • Menus touristiques ou découverte : comme leur nom l’indique, il s’agit de promouvoir, pour une clientèle de touristes, les recettes et produits du terroir. Soyons clairs, il y a des abus tels que l’appellation est devenue, sur les réseaux sociaux, plutôt synonyme d’arnaque. A éviter donc… sauf si vous vous sentez de taille à jouer la qualité sur le long terme et d’attendre que votre e-réputation s’en ressente positivement.

Finalement, votre imagination fera le reste. Et vous connaissez surement déjà un restaurateur dans votre zone de chalandise qui a tenté le coup… et semble le tenir. Pourquoi ne pas aller, discrètement, lui rendre visite et comprendre les raisons de son succès et de sa longévité.

Buffets à volonté, des résultats étonnants

Les restaurants asiatiques, en particulier dans leur « Mecque » du treizième arrondissement parisien, le savent bien. Un buffet à volonté peut s’avérer très rentable. Explications

  • Des frais de service (personnel en salle) divisés quasiment par deux
  • Une rationalisation de la production en cuisine, mais qui reste concentrée sur les plats déjà plébiscités dans les formules « menus » ou à la carte, car la plupart des consommateurs gardent de solides habitudes, surtout le midi.
  • Peu de « gros » mangeurs : à part les étudiants désargentés, l’évolution des mœurs fait que les clients évitent de se gaver, au restaurant ou ailleurs. Résultat, les quantités consommées sont tout à fait équivalentes dans un buffet que dans un restaurant classique avec menus.
  • Depuis peu, une « amende » d’un euro a fait son apparition pour sanctionner ceux qui gâchent et laissent de la nourriture dans leurs assiettes trop remplies. Dissuasive ou pas, elle a le mérite d’envoyer un autre message : nous n’aimons pas jeter ce que nous cuisinons, t donc c’est de qualité !

Dans un reportage de Capital, un restaurateur explique aussi que « le consommateur, en ayant l’impression de pouvoir manger absolument tout ce qu’il veut, regarde moins à la dépense ». Résultat, avec les boissons et le café, l’addition moyenne s’envole… au-delà de ce qu’il accepte de payer pour une formule. D’ailleurs, la dématérialisation des titres restaurant, qui lui permet aujourd’hui de dépenser jusqu’à 19 euros sur un repas, accentue encore la tendance.

Crédits photo :
This photo of Le Bis’TRo is courtesy of TripAdvisor

Le restaurant :

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