Bien accueillir la clientèle étrangère : une affaire de langue, de goûts et d’attention

Pays le plus visité au monde, la France n’est pourtant pas celui où les touristes étrangers dépensent le plus, notamment dans les restaurants. Voici 6 conseils pour s’attirer leurs grâces et booster leur addition.

La France est la destination préférée des étrangers, avec une fréquentation record en 2017 (Voir encadré). Pourtant, il n’est pas celui où les touristes internationaux dépensent le plus, au point d’agacer premier ministre et ministre des affaires étrangères, qui ont fixé ce double objectif : atteindre en 2020 la barre des 100 millions de touristes et des 50 milliards d’euros de recette, notamment en favorisant leur accueil pour qu’ils soient dans les meilleures conditions possibles afin de dépenser plus.

A ce petit jeu, les restaurateurs ont à coup sûr une carte intéressante à jouer, qui pourrait doper au passage leur chiffre d’affaires. En parlant de carte, bien accueillir la clientèle étrangère commence par traduire celle des plats ou encore à y proposer des mets au goût des palais lointains.

Traduire cartes et menus

C’est un fait : quand on sait ce que l’on mange, c’est à dire quand on comprend ce qui est écrit sur les cartes et les menus, cela incite à commander davantage.

Mais qui pour traduire cartes et menus ? Le moins cher consiste certainement à utiliser l’une des nombreuses applications de traduction proposées gratuitement sur Internet. Attention toutefois, les risques d’erreurs, souvent risibles mais aussi parfois désastreuses, sont élevés. Par souci de qualité, il faut mieux choisir un prestataire sûr, qui garantit la justesse de sa prestation, quitte à débourser un peu. Par exemple, via le site Menu à la carte, avec traduction d’essai gratuite ou encore auprès d’Altalingua. Quelles langues choisir ? L’anglais, à minima, mais aussi l’allemand, l’espagnol, le russe, le japonais et le chinois : les asiatiques sont en effet toujours plus nombreux à visiter la France. Attention : dans les traductions également, pensez à bien mentionner les substances allergènes des plats.

Avoir dans son personnel au moins une personne qui parle au moins anglais

Des cartes et des menus traduits ne suffisent pas toujours à satisfaire la curiosité de la clientèle étrangère ni à la rassurer. Quand elle pose des questions concernant un ingrédient, il est dommage d’être incapable de lui répondre ! A minima, il est donc pertinent d’avoir parmi le personnel quelqu’un avec des notions basiques d’anglais, la langue la plus utilisée par les touristes… quand ils ne peuvent pas se servir de la leur, ou parler français. Evidemment, maîtriser d’autres langues de nos proches voisins, l’espagnol ou l’allemand par exemple, est un atout supplémentaire.

Si vous n’avez pas cette perle rare dans votre personnel, les cuisiniers artisans peuvent bénéficier de formations à l’anglais pour à peine 150 euros les 10 demi-journées, auprès des CMA. Les autres membres de l’équipe peuvent bénéficier des formations en langue de la CCI la plus proche.

Garder une attitude aimable et positive face aux requêtes inattendues

Incapable de répondre à une question à laquelle il ou elle ne comprend rien ? Serveur et serveuse doivent rester malgré tout aimables, ne pas montrer de signe d’agacement, faire preuve de bonne volonté. Pour ce faire il est important d’associer tout le personnel à la stratégie de meilleur accueil des étrangers dans votre restaurant, en leur expliquant les enjeux. Nombre d’étrangers ont pour habitude de laisser des pourboires, ce que les clients français pratiquent de moins en moins : votre personnel a donc tout à gagner à demeurer charmant.

Adapter les horaires des services aux habitudes des étrangers

Parmi les requêtes surprenantes des touristes internationaux, l’une des plus fréquentes consiste à désirer manger à un horaire totalement inhabituel… pour nous ! C’est que mœurs et coutumes diffèrent en matière d’horaires des repas. Même si la cuisine ne peut évidemment pas fonctionner en continu, il est astucieux de pouvoir servir quelques plats simples tout au long de la journée, pour satisfaire ces différences. Les américains et les ressortissants des pays nordiques, par exemple, dinent dès 17h, chinois et allemands dinent tôt également, dès 18 heures, quand les espagnols eux, finissent à peine de déjeuner.

Proposer deux ou trois plats universels, au goût du plus grand nombre

Si les chinois sont particulièrement attirés par nos spécialités de type escargots ou foie gras, si italiens et allemands apprécient la grande cuisine française, ce n’est pas vraiment le cas des américains ou des canadiens. C’est pourquoi il peut être judicieux d’intégrer à la carte quelques plats simples, à caractère international ou de type snacking (grignotage) : pâtes, salades, poulet grillé, hamburgers, petits sandwichs, combleront leurs préférences.

Proposer la Wifi gratuit et l’afficher sur la porte

Cela paraît tout bête, mais les touristes, un peu perdus loin de chez eux, ont parmi leurs principales préoccupations de pouvoir rester connectés. De fait, ils privilégient les lieux qui offrent le Wifi gratuit. L’investissement est faible pour le restaurant et il peut rapporter gros : la connexion incite la clientèle, quelle que soit son pays d’origine, à poster sur les réseaux sociaux photos et avis favorables concernant votre établissement.

Touristes : une fréquentation record en 2017 mais pas pour les restaurants

L’attentat contre Charlie Hebdo, extrêmement médiatisé, et ceux qui ont suivis, avaient eu pour conséquence directe de faire bouder la France. Une morosité désormais derrière nous : après 2 ans de chiffres bas, la fréquentation touristique a battu des record en 2017, avec 14% de visiteurs étrangers en plus, dont 36% de hausse pour les seuls japonais, juste avant les riches américains dotés d’un fort pouvoir d’achat (Source : Conseil Régional du Tourisme (CRT) d’Ile-de-France). Ce record de plus de 88 millions de visiteurs étrangers concerne non seulement la capitale, mais aussi tout l’Hexagone. Toutefois il profite surtout à l’hôtellerie qui a fait en 2017 son meilleur chiffre des 10 dernières années. Pour les restaurants la reprise reste timide : 0,6% de clients en plus seulement.

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