Financement participatif : que peuvent en attendre les restaurateurs ?

Avec 44% d’augmentation des fonds collectés entre 2016 et 2017, le crowdfunding (littéralement, financement par la foule) ou financement participatif s’impose de plus en plus comme alternative sérieuse aux prêts bancaires pour les petites entreprises. Restaurants inclus, qui représentent près de 15% des projets soumis.

Arnaud Schwarz, directeur commercial de la plate-forme de financement participatif Unilend, fait le point sur cette nouvelle tendance et ce que les restaurateurs peuvent concrètement en attendre.

Service Compris : Le financement participatif est-il pertinent pour les restaurateurs et pour quels types de projets plus précisément ?

Arnaud Schwarz : En moyenne, 12 à 15% des dossiers financés par les plates-formes participatives françaises sont des projets dans la restauration. On observe même une vraie sympathie des investisseurs particuliers pour ce secteur, car ils visualisent mieux ce à quoi va servir leur argent, que lorsqu’il s’agit, par exemple, de soutenir une société de services en informatique. Les demandes de financement des restaurateurs concernent 4 types de besoins : de gros travaux de réaménagement impliquant une fermeture (avec du gros œuvre, une nouvelle déco, une remise aux normes), une avance de trésorerie pour préparer une saison touristique dans le cas d’activités saisonnières (petits travaux avant réouverture et constitution de stocks), la reprise de fonds de commerce, et enfin, l’ouverture d’un nouvel établissement dans le cadre d’un réseau de franchises.

Quels montants peuvent espérer emprunter les restaurateurs et à quel taux ?

Arnaud Schwarz : Les sommes empruntées vont de 10.000 à 500.000 euros. Mais la moyenne des dossiers déposés par le secteur de la restauration oscille autour de 80.000 euros. Seuls les projets de reprise ou d’ouverture dépassent les 250.000 euros. Le taux d’intérêt est compris entre 3% et 9%, nous concernant (voir encadré), selon la durée et l’évaluation du projet. C’est beaucoup moins cher qu’un découvert bancaire mais plus cher qu’un emprunt « classique ». En effet, les banques prêtent aujourd’hui en moyenne entre 1 à 2%, auxquels il faut toutefois ajouter le coût des garanties et ceux de l’énergie et du temps investis par le restaurateur pour obtenir son prêt.

Quels avantages majeurs confère le financement participatif aux restaurateurs par rapport aux prêts bancaires ?

Arnaud Schwarz : Premier avantage, la rapidité. Sur notre plate-forme par exemple, le restaurant qui dépose un dossier complet, aura un accord ou un refus au bout de 48 heures : le temps de récupérer quelques pièces manquantes et de s’assurer de la fiabilité du projet, par le biais d’échanges téléphoniques avec le responsable. Il faut compter ensuite 48 heures supplémentaires, en cas d’accord, pour que les fonds soient mis à disposition. Côté banques, ces délais sont plutôt d’un mois et demi à deux mois, voire trois pour un projet complexe.  Second avantage : notre financement est débloqué au moment où le restaurateur le souhaite et non affecté. Il peut donc l’utiliser comme il veut, alors que les banques, dans le cas de travaux, ne débloquent les fonds que sur factures. Le restaurateur a moins de tâches administratives avec le financement participatif, donc du temps en plus à consacrer à son projet.

Les restaurateurs bénéficient-ils d’un accompagnement de la plate-forme durant leur projet ?

Arnaud Schwarz : Les politiques des plates-formes de financement participatif diffèrent à ce niveau. La nôtre se situe dans un juste milieu : beaucoup d’échanges au départ pour assurer d’un démarrage cohérent (n’oublions pas que les plates-formes doivent aussi gérer les risques pour ceux qui prêtent), suivis de quelques échanges ponctuels pour vérifier l’avancement.  Mais globalement, si le restaurateur honore les échéances de sa dette, il va pouvoir vivre sa vie.

Et que se passe-t-il justement quand il ne les honore plus ?

Arnaud Schwarz : Contrairement aux banques qui ont des mécanismes pour prélever sur les comptes des emprunteurs ou des assurances, les plates-formes de financement participatif enregistrent une perte sèche lorsqu’un emprunteur ne paie pas, alors que par ailleurs elles ont des engagements à servir auprès des prêteurs. Notre intérêt n’est donc pas de laisser le restaurant s’enliser dans ses ennuis, mais au contraire de comprendre rapidement les raisons du défaut de paiement. Et éventuellement d’adapter les montants et la durée de remboursement. En cas de blocage toutefois, nous recourons à des spécialistes du recouvrement.

Quelle erreur est à éviter pour un restaurateur avec le financement participatif ?

Arnaud Schwarz : L’erreur serait de croire qu’une plate-forme de financement participatif peut se substituer à une banque lorsque celle-ci a rejeté une demande. Si le projet d’un restaurant a été jugé non fiable par un organisme bancaire, il y a peu de chance qu’il trouve grâce auprès d’une plate-forme sérieuse et scrupuleuse. Nous devons plutôt être vus comme une alternative de simplicité et de gain de temps !

Unilend, leader français du financement participatif

Créé en 2013, Unilend a pour vocation de permettre aux entreprises, essentiellement TPE et PME, d’emprunter directement et simplement auprès du grand public. Et à des épargnants (98% de particuliers) d’investir dans l’économie réelle et locale, en prêtant de l’argent directement aux entreprises et en recevant des intérêts. Très sélective, l’équipe de 18 personnes d’Unilend sélectionnent strictement ses projets : sur plus de 445.700 étudiés, moins de 1% ont été proposés à la communauté des prêteurs. Ces derniers sont 43.373 inscrits, dont 15.040 actifs. Ils constituent un actionnariat solide doté de 12 millions de capitaux propres.

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