Au fait, c’est quoi la Food Tech ?

Alors que se tiennent de nombreux évènements consacrés à la Food Tech, par exemple à Dijon qui entend bien faire émerger la région Bourgogne-Franche Comté comme leader sur cette thématique, il est plus que jamais nécessaire de savoir de quoi l’on parle.

Précisons d’abord qu’il n’existe pas de définition officielle de ce terme, apparu depuis le début des années 2010 aux Etats-Unis, par analogie avec d’autres expressions qui consacrent le mariage d’un secteur de l’économie avec le digital : fintech pour les banques et la finance, assurtech pour les assurances, agritech pour l’agriculture, etc.

Le site Foodtech-Mag (car il y a des médias consacrés au sujet !) propose cette définition qui, avec deux ans de recul, n’a rien perdu de sa pertinence : « La Food Tech est l’alliance entre le secteur de l’alimentation et de la restauration avec les nouvelles technologies. Elle englobe des services de gestion, de logique et d’optimisation visant à améliorer un process prédéfini : ce sont des outils informatisés qui visent à organiser et donc à numériser l’activité d’un restaurant ou d’une enseigne ainsi qu’à être plus respectueux de l’environnement en contrôlant mieux l’apport des denrées alimentaires dans l’assiette du consommateur ».

Si la filière se réveille en France, après des années de succès initial aux USA, c’est parce que notre pays a de solides arguments à faire valoir en matière de production alimentaire, de process de transformation et bien sur de présentation de cette production aux consommateurs. Il y aussi une forte dimension culturelle, ce qui explique la naissance de startups locales.

Dans la Food Tech, le nerf de la « guerre » est la digitalisation de l’ensemble des processus, de la production jusqu’à la restauration. Dans cet écosystème en transformation numérique, le consommateur occupe une place centrale, puisqu’il connecté en permanence aux offres des différents acteurs, qu’il s’agisse des producteurs en filière courte, des restaurateurs via les hubs de réservation ou encore qu’il cherche à s’informer sur les qualités sanitaires ou nutritionnelles d’un aliment.

Une classification en six familles

De son côté, DigitalFoodLab s’est livré à un travail de classification des – nombreuses – startups qui prennent leur envol sur ce terrain. Selon ce site, « un projet est Food Tech s’il porte à la fois sur un domaine de l’alimentation (restauration, distribution, agriculture, transformation agro-alimentaire, contenu culinaire & nutrition) et qu’il utilise une nouvelle technologie dans sa production, sa distribution ou son modèle économique ».

Les six grandes familles seraient ainsi les suivantes :

  • Ag Tech (agriculture de demain) dans laquelle il faut distinguer l’agriculture de précision (avec des drones par exemple pour le micro-épandage), l’agriculture urbaine pour rapprocher la production des habitants des villes, et les nouveaux produits alimentaires (insectes notamment) de substitution à l’alimentation classique
  • La Food Science qui porte sur les produits transformés que l’on trouvera demain dans nos assiettes (mayonnaise sans cholesterol, substitut nutritionnel)
  • Le Food Service concerne plus particulièrement les restaurants : nous connaissons tous les sites de réservation, les plateformes de couponing. De nouveaux produits pour la gestion des recettes et des stocks, y compris des denrées périssables, émergent aujourd’hui grâce aux possibilités d’accès informatique simplifié avec le cloud. Dans cette famille on voit aussi apparaitre de nombreuse propositions de restauration à domicile.
  • La livraison, avec l’essor des offres de livraisons à domicile (menus de restaurant mais aussi panier repas, menus diététiques, production agricole de proximité) qui se sont généralisées.
  • Le coaching et l’utilisation des données : l’accumulation des données (big data) sur les productions d’un côté, les habitudes de consommation de l’autre, a donné naissance à de nouveaux services d’accompagnement (ce que je dois manger, ce que je dois acheter, etc).
  • Enfin, de façon un peu plus surprenante, DigitalFood inclut dans sa liste les nouveaux médias (tutoriels de recette, dégustation groupée) mais aussi toutes les sources qui fournissent aujourd’hui une information de qualité sur les produits alimentaires et sur l’alimentation en général, y compris en liaison avec les allergies.

Votre restaurant est-il « Food Tech » compatible ?

Comme le Monsieur Jourdain de Molière faisait de la prose sans le savoir, vous êtes peut-être déjà un peu Food Tech. Si vous cochez une des cases ci-dessus, assurément :

  • Vous avez un site internet qui présente vos menus quotidiennement, propose la réservation en ligne et des promotions à vos clients fidélisés
  • Vous prenez les commandes en salle à l’aide d’une tablette directement reliée à la cuisine
  • Vous avec un système de commandes automatiques auprès de vos fournisseurs quand un produit arrive en fin de stock
  • Vous proposez à vos clients la livraison à domicile ou le retrait au restaurant, qu’ils peuvent programmer sur votre site
  • Vous acceptez bien sur tous les moyens de paiement, en particulier les cartes titre restaurant dématérialisées et les applications mobiles qui font leur apparition autour de ce titre restaurant.
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