Évènement : les nouvelles technologies créent l’évènement dans les assiettes

La seconde édition de Food Use Tech s’est tenue à Dijon, les 20 et 21 septembre derniers. Cet évènement est porté notamment par la région Bourgogne Franche-Comté et par le groupe Seb, qui y a pris son essor. Un rendez-vous dont la portée nationale s’affirme, avec un doublement des visiteurs (plus de 1000 dès la première journée) en un an.

« Nous avons pu rencontrer à Dijon de nombreux acteurs de la filière, et cela fait beaucoup de monde » reconnait Didier Zoubeïdi, directeur des partenaires marchands chez Edenred France. Il y a également animé une conférence qui a vu l’intervention de Julien Tanguy, DG d’Edenred France, ainsi que d’un représentant de la startup Zenchef, bien connue des restaurateurs auxquels elle propose depuis bientôt dix ans une suite logicielle facile d’accès (en mode SAAS). Celle-ci leur permet d’entamer progressivement la digitalisation de leur activité, par exemple en permettant à leurs clients des réservations en ligne, sans passer par des plateformes intermédiaires qui altèrent leurs marges.

« Nous avons retracé l’histoire récente d’Edenred, et expliqué comment une entreprise, née il y a plus de 50 ans pour proposer des titres prépayés sous forme papier aux entreprises et à leurs collaborateurs – dont le fameux Ticket Restaurant®, NDLR – a pu prendre le virage du numérique avec succès ». Julien Tanguy est donc revenu en particulier sur les développements entamés dès le tournant du millénaire afin de préparer le passage aux moyens de paiement monétiques, concrétisé à partir de 2014 par le lancement de la Carte Ticket Restaurant®.

Mais l’accélération technologique et l’évolution des usages, notamment côté consommateurs, oblige en permanence à prévoir « le coup d’après ». « Aujourd’hui, nous proposons aussi des paiements par mobile, grâce à nos accords avec Apple Pay ou Samsung Pay. Et nous sommes même capables, grâce à notre maîtrise technologique, de travailler en direct avec des plateformes de distribution de repas, comme Uber Eats ou Deliveroo. L’interconnexion de nos systèmes d’information respectifs permet notamment de sécuriser les paiements des clients, et de vérifier que les conditions réglementaires d’usage des titres restaurants sont respectées ».

L’autre raison de la présence d’Edenred France à Dijon était bien sûr la nécessité d’une veille active sur l’émergence de nouveaux acteurs. C’est d’ailleurs dans cette logique, que sa filiale de capital risque Edenred Capital Partners a été créée et investit régulièrement dans des startups comme Zenchef. « Il y aura certainement, comme dans tous les secteurs, beaucoup d’appelés… et moins d’élus », remarque Didier Zoubeïdi. « Mais les 5 à 10% de projets qui vont aboutir doivent être sous nos radars. Notre intérêt est de nous positionner en amont de ces succès, pour ne pas passer à côté de technologies et/ou de services disruptifs pour nos activités. Il vaut mieux les accompagner que les combattre ».

Numérique : « Les restaurateurs avancent en ordre dispersé »

Pour Didier Zoubeïdi « les restaurateurs ont des attitudes très différentes face au digital et à ce qu’il est convenu d’appeler Food Tech. Beaucoup d’entre eux éprouvent de la difficulté à sortir franchement de leurs habitudes et se contentent de tester à petite échelle certaines possibilités nouvelles, comme la livraison de repas en utilisant les plateformes ».

Mais selon lui, la place réservée à ces opportunités reste marginale, parfois d’ailleurs pour d’excellentes raisons, par exemple le manque de place pour gérer ces commandes ou le manque de disponibilité en cuisine.

Il y a cependant un renouvellement des pratiques, notamment du fait de l’arrivée de nouvelles générations de restaurateurs, plus à l’aise avec la digitalisation, ainsi que celle de nouveaux venus, issus d’horizons professionnels franchement différents, où ils se sont aguerris à ces outils. « Ceux-là sont naturellement plus enclins à profiter des opportunités du numérique, qu’ils s’agissent de mieux gérer leurs relations avec leurs clients, de mieux s’approvisionner ou même de s’informer sur les tendances de la gastronomie ». Gageons que le métissage va donner encore une fois de beaux enfants… dans nos assiettes ?

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