Financement : des prêts pour la modernisation de votre établissement

Depuis le début de la décennie, des solutions de financement pour les restaurateurs visent à les accompagner dans des démarches de modernisation. Après le prêt à taux zéro (PTZ), toujours en vigueur mais limité en montant, place au prêt restauration (PR), qui peut aller jusqu’à 600 000 euros !

Quand des hôteliers-restaurateurs – et donc des employeurs –  représentent près d’un million d’emploi, il y a toujours des solutions ! C’est pourquoi les gouvernements successifs n’ont pas manqué d’imagination, ces dernières années, pour créer des systèmes de financement qui aideraient à la modernisation d’un secteur si vital pour l’économie française.

Première salve, en 2011, avec le PMR (Prêt pour la modernisation de la restauration). Négocié par les syndicats professionnels en même temps que la baisse de la TVA dans la restauration, il instaurait un PTZ pour des montants allant de 5 000 à 10 000 euros, en accompagnement d’un prêt bancaire classique finançant au moins le double du PMR. Ce dispositif, toujours présenté et accessible par exemple sur le site du courtier en prêts Finance-Entreprise (partenaire de l’UIMH sur ce coup) est remboursable en 5 ans. Il concerne aussi bien les investissements matériels (travaux de mise aux normes, achats d’équipements…), qu’immatériels (site Web, formation…). A noter qu’aucune garantie personnelle n’est demandée au restaurateur.

Les PMR ont permis à de nombreux établissements d’engager des travaux de mise en conformité aux normes d’accessibilité ou encore de création de sites Web. Leurs montants étaient cependant assez modestes et, pour des travaux plus importants – agrandissements de salles, rénovation de cuisines, etc -, insuffisants.

Pour prendre le relais, le Prêt Restauration (PR), porté cette fois par BPI France permet d’accéder à des financements allant de 40 000 à 600 000 euros, là encore sans caution personnelle ni garantie, et en complément d’un prêt bancaire classique. Ses règles diffèrent du PMR surtout en ce qui concerne les taux :

  • Le PR accompagne un financement bancaire classique – que vous devez donc obtenir auprès de votre banquier – égal au moins au montant sollicité pour le PR
  • Le PR propose des taux d’intérêt similaires à ceux des banques (voir encadré)
  • Il est accordé pour des projets de modernisation ou de rachat d’établissement (transmission) accompagné d’une modernisation
  • L’entreprise doit avoir plus de trois ans d’inscription au Registre du Commerce
  • Aucune garantie ni caution personnelle n’est demandée
  • Les franchisés sont éligibles, ainsi que les adhérents à des chaînes volontaires indépendantes
  • Le prêt est remboursable en 24 trimestres (les quatre premiers avec seulement les intérêts dus)
  • La BPI promet des traitements de dossiers rapides – en un mois s’ils sont complets.

On peut tout de même se demander quel est la pertinence de ces prêts qu’il faut rembourser un plus rapidement que les prêts bancaires classiques (au moins 7 ans généralement), ce qui augmentent de fait la charge mensuelle moyenne. La réponse est sans doute à chercher du côté du support apporté par les organismes qui portent ces prêts spécifiques, avec une expertise qui leur permet d’apporter par exemple une caution à vos prêts bancaires (BPI). Et finalement pour vous, l’assurance que votre projet « tient la route » ?

PMR ou PR, comment choisir ?

Premier critère, le montant des travaux : Si votre projet dépasse 80 000 euros au total, vous êtes dans les critères d’accès au prêt restauration dès 40 000 euros, si vous obtenez par ailleurs un prêt bancaire classique d’un montant égal à l’autre moitié.

Second critère, vos capacités de trésorerie et donc de remboursement : Le PMR suppose un remboursement en 5 ans, le PR en 6 ans (après une première année où vous ne remboursez que des intérêts). Mais dans les deux cas, il y a également un prêt bancaire à rembourser, avec des taux et des durées – donc des mensualités – qui auront évidemment un impact. Notre conseil : si vous avez de la visibilité sur un chiffre d’affaires dynamique pendant les cinq années à venir, n’hésitez pas à solliciter BPI France pour un PR. Sinon, mieux vaut étaler vos remboursements, dans leur totalité, sur un plus grand nombre d’années, et passer uniquement par une banque classique.

Pour finir, notons que sur 10 000 euros empruntés sur 5 ans, un taux zéro ne fait gagner actuellement qu’environ 1200 euros d’intérêts (2 % de taux pour des prêts bancaires classiques). Cela ne fait que 20 euros d’économisés par mois…

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