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Marché du Lez à Montpellier : « the place to be » pour les Food Trucks

Montpellier a installé avant l’été 2018 la première résidence permanente de Food Trucks de France, sur le modèle londonien. Reportage sur ce tiers-lieu du Marché du Lez où l’activité résiste bien aux premiers frimas de l’hiver.

Depuis quelques années la ville de Londres s’est dotée d’un nouvel attrait : ses Food Trucks permanents, petits camions multicolores servant au plus près des lieux touristiques leurs spécialités diverses et variées. Au point qu’une application s’est développée pour permettre au visiteur de converger vers le plus proche à chaque petit creux. Si en France et ailleurs, les Food Trucks continuent de sillonner les rues, leur vocation d’origine, Montpellier est la première ville à avoir adopté le concept londonien de Food Trucks à demeure, avec une dizaine d’entre eux installés en permanence. L’idée : investir un « spot », le partager entre Food Truckers sur roues et quelques boutiques en dur (brocanteur, décoration, fringues rétro, caviste…) et le faire vivre tout au long de l’année grâce à la synergie entre résidents.

Une activité qui résiste aux saisons

Cette belle initiative a été lancée avant l’été 2018, dans un lieu excentré mais stratégique appelé « Marché du Lez », entre les berges du Lez et la route menant aux plages via les centres commerciaux. Mais qu’en est-il six mois plus  tard ? Si les températures ont baissé, force est de constater que l’enthousiasme lui ne retombe pas.  « Si c’était à refaire, on signerait de nouveau, » affirment en cœur Pablo de Mother Trucker, expert en burgers et en bricks, et Jean de Jean Le Croquant, spécialiste en croque-monsieur. Et ce dernier de confirmer : « Nous avons fait une excellente haute saison, mais l’automne reste très intéressant en terme de ventes. »

« Certes, nous observons une baisse d’activité saisonnière avec l’arrivée de l’hiver, mais on s’adapte, » renchérit Pablo. S’adapter, pour Mother Trucker, consiste notamment à proposer une carte de fidélité pour les midis de début de semaine, lorsque la fréquentation est moindre, afin d’attirer les salariés des entreprises alentours, de plus en plus nombreuses. Le petit plus : ceux dont la pause déjeuner est courte peuvent commander leur « box » à l’avance (remplie d’une salade de crudités toutes fraîches, de pomme de terre sautées à déguster avec les doigts, trempées dans une sauce maison au choix, et d’un burger ou assortiments de petites bricks – un régal !) à consommer sur place ou à emporter au bureau. Le tout payable en titres restaurant évidemment. « En haute saison et en fin de semaine, la population se fait plus familiale, avec des enfants et ados qui profitent des activités alentour, comme le « skate park » ou le terrain de pétanque, » poursuit Pablo.

Des animations avec les trucks comme acteurs

Le lieu vit aussi grâce à des animations régulières. Soirées musicales, Féria et animations culinaires, évidemment. La prochaine, à l’occasion d’un petit marché de Noël mi-décembre, verra la venue du célèbre chef montpelliérain Pierre-Olivier Prouhèze. « Chaque truck va proposer une recette adaptée par ses soins : un croque-monsieur pour moi, évidemment, un burger pour Pablo, etc. » explique Jean. « Et ça marche surtout parce que l’ambiance entre nous est très bonne ! »

Personne du coup n’a l’air disposé à laisser sa place. « Avoir été choisi par le bailleur est une marque de reconnaissance de notre travail, » conclut Pablo. « Faire partie de la toute première Food Street de Montpellier nous met en lumière : c’est très important pour nous. Nous sommes là où il faut être, même si nous avons aussi un autre truck mobile qui continue de visiter les entreprises et leurs gourmands fidèles. »

Food Truck : un marché difficile que la résidence adoucit

Née en 2012, l’activité Food Truck en France a d’abord connu un essor incroyable avec quelques 150 nouveaux camions de restauration rapide de plus chaque année. En 2014, 750 Food Trucks sillonnaient les rues des grandes villes, mais ils ne seraient plus que 150 en 2018, rattrapé par une dure réalité économique, selon l’Observatoire de La Franchise. Raison de plus peut-être pour se poser en résidence, afin de réduire les coûts de déplacement, de s’affranchir des difficultés à obtenir des autorisations pour les points d’arrêts et surtout de mieux fidéliser !

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