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Le repas de vos salariés : une obligation mais aussi un atout pour la cohésion

Crédit photo : Museum of the City of New York, the Byron Company Collection

En tant que restaurateur, vous devez nourrir vos salariés ou les indemniser, conformément à la loi. Mais vous pouvez aussi transformer cette obligation en atout pour renforcer la synergie de votre équipe.

Les deux conventions collectives qui régissent, l’une, la restauration classique et, l’autre, la restauration rapide, imposent d’accorder un repas à tout salarié travaillant au moins 5 heures par jour et 2 repas au-delà, si 2 conditions sont remplies : le restaurant est ouvert aux heures habituelles des repas et le salarié est alors présent (entre 11h et 15h et/ou entre 18 et 22h).

Un avantage en nature à déclarer aux URSSAF

Attention : ces repas sont un avantage en nature qui doivent apparaître sur le bulletin de salaire. Ils y sont déclarés sous la forme d’une indemnité de repas (Voir encadré). Voilà pour l’aspect réglementaire, qui, non respecté, peut être puni d’une amende par les URSSAF, qui effectuent des contrôles réguliers.

Petite précision : par usage, nombre de patrons accordent aussi l’indemnité repas à ceux de leurs employés non présents dans le restaurant aux heures de ceux-ci (donc hors de la condition 2), par exemple à la personne en charge du ménage. Un geste plutôt sympa !

Une obligation dans la qualité du repas servi

Le repas servi est lui aussi réglementé par les 2 conventions collectives. En restauration rapide, il est précisé que ce repas « doit comporter quatre produits, à raison d’un produit parmi les quatre grandes familles suivantes : entrée, plat principal, dessert, boisson ». En restauration classique, la convention souligne que « lorsque le personnel prendra ses repas dans l’établissement, la nourriture devra être saine, abondante et variée ; les repas devront se composer de : hors-d’œuvre ou potage, plat garni, fromage ou dessert, 1/4 de vin ou de bière ou de cidre ou eau minérale à consommer sur place ».

Le repas des salariés : avant le rush par usage

L’usage fait que les repas des employés, en restauration classique, sont servis à 11h et à 18h, avant le rush, sur une table commune. Il arrive aussi qu’il soit servi après le coup de feu, donc vers 15h, lorsque le restaurant est fermé le soir. Le salarié a droit, conventionnellement, à 30 minutes déduites du temps de travail pour prendre ce repas, téléphoner à ses proches, fumer une cigarette dehors, etc., sans être dérangé. Car sinon…

Attention au temps de travail déguisé

Si durant son repas, le salarié doit répondre au téléphone, pour prendre des réservations par exemple, ou se lever pour servir un client ou nettoyer une table, les 30 minutes ne peuvent pas être déduites de son temps de travail mais devront être rémunérées. Sous peine de prendre un risque vis-à-vis de la loi !

Faire du repas un temps privilégié pour l’équipe

En restauration classique le repas des employés est traditionnellement servi à table et pris en commun : c’est un moment privilégié que pourraient envier aux patrons de restaurant beaucoup d’autres dirigeants. Car il est prouvé que le partage d’un repas au sein d’une équipe soude les liens en favorisant le dialogue et les échanges. Et ce faisant, il renforce le sentiment d’appartenance à l’établissement et améliore la synergie et la coordination. Une idée, érigée en recommandation, que défend en tout cas ADP, l’un des grands spécialistes de la gestion des ressources humaines. La tradition est donc ici à préserver précieusement !

En restauration rapide par contre, le repas est souvent pris sur le pouce et seul. Les employeurs se priveraient donc ainsi d’un bon outil RH de cohésion. Un problème qui mérite peut-être réflexion ?

Comment gérer les primes repas sur la fiche de paie ?

Les indemnités repas attribuées à chaque employé sur sa fiche de paie sont fonction du nombre de jours réellement travaillés par ce dernier dans le mois. Par exemple, si un salarié a travaillé 15 jours complets dans le mois, il peut prétendre à 15 x 2 = 30 repas. S’il a travaillé 20 jours, dont 4 à mi-temps, il a droit à (16 x 2) + (4 x 1) = 36 repas. Depuis le 1ier janvier 2019, l’indemnité est de 3,62 euros par repas.

Cette indemnité est donc un élément variable sur la fiche de paie. Elle doit y figurer sous le salaire de base et s’ajoute à ce dernier en tant qu’avantage en nature. Si l’employé était présent au moment où les repas ont été servis aux employés, ces repas (qu’il les ait acceptés ou refusés) seront déduits du net à payer à la hauteur maximale de 3,62 euros également.

Ici un exemple de bulletin de salaire commenté, datant de 2017 (montant de la prime alors à 3,54 euros).

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