/* */

Image redorée, vocations et consécration : le triple effet de la téléréalité sur le métier de restaurateur

En presque dix ans, les émissions de téléréalité culinaire ont redoré l’image du métier de restaurateur. Elles ont aussi suscité des vocations, obligé les grandes écoles à proposer des formations plus courtes et montré la voie à de nouvelles façons de gagner en notoriété.

Elles s’appellent notamment Top Chef et MasterChef et ont en commun 9 ans de diffusion et la mise en compétition sur le plateau de cuisiniers, en herbe ou certifiés, sous les regards des téléspectateurs friands de téléréalité. La première est un concept français, la seconde une déclinaison d’une émission de la BBC datant de 1990. La première oppose des chefs confirmés ayant déjà pignon sur rue, la seconde des amateurs doués en cuisine, postulant au titre de chef. En une décennie ou presque, ces émissions de téléréalité ont-elles changé le métier de restaurateur ?

Un autre regard sur le métier de cuisinier

Oui, si l’on en croit Yves Camdebroge, chef du Comptoir du relais à Paris et ancien jury de MasterChef. Il affirmait dès 2012 que l’émission avait changé le regard porté au métier en cassant notamment des idées reçues : « Le métier de cuisinier est devenu un métier comme les autres. Avant, c’était les cancres qui faisaient la cuisine… Désormais, les gens ont l’image d’un métier normal, où l’on peut très bien réussir, gagner sa vie et être heureux. D’ailleurs, cela donne envie aux gamins de se lancer ».

Des émissions qui font naître des vocations

Cette envie donnée aux jeunes par la téléréalité culinaire est confirmée par un article du Monde. Des personnalités comme Ismaïl Menault, directeur de l’Ecole de Paris des métiers de la table, du tourisme et de l’hôtellerie (EPMTTH), ou Nicolas Graf, directeur général de Alain Ducasse Education, y témoignent d’un nouvel engouement de la jeunesse pour les métiers de bouche. Et plus récemment d’une augmentation des demandes en pâtisserie, effet sans doute de l’émission Le meilleur pâtissier, née en 2012.

Une audace au pouvoir qui fait « monter le niveau »

Dans ce même article, le chef étoilé Thierry Marx, ancien jury de Top Chef, va encore plus loin : « Nous avons vu arriver dans les écoles des profils complètement différents, avec des parcours plus atypiques. Des jeunes qui arrêtent HEC pour se lancer en cuisine, par exemple. Ceux-là font des choses hallucinantes. Ils n’ont pas la technique, mais ils vont la chercher, ils essaient des choses, sont complètement décomplexés. Cela a fait monter le niveau du métier. » Ces émissions de téléréalité sont donc aussi à l’origine de reconversions qui tirent le métier vers le haut.

La création de cursus court pour accéder plus facilement au métier

Pour répondre à cette demande nouvelle, des jeunes mais aussi des moins jeunes, les très grandes écoles de cuisine n’hésitent pas à proposer des formations spécifiques. C’est le cas notamment de l’école française de gastronomie, Ferrandi, qui a ouvert des formations pour acquérir, en 3 semaines seulement, les bases de la cuisine professionnelle. Ou encore de l’Institut Paul Bocuse avec ses programmes intensifs de reconversion professionnelle, de une à douze semaines selon les spécialités. Des formations rapides dont peuvent aussi bénéficier aujourd’hui tous les restaurateurs qui souhaitent améliorer leur technique ou développer une nouvelle spécialité.

Une recherche de consécration ?

Bien sûr, il est possible que derrière ces vocations nouvelles vers un métier ainsi surexposé médiatiquement, se cache aussi un désir de reconnaissance. Car in fine, ces émissions laissent espérer des succès professionnels rapides. Pour les néophytes de MasterChef, la victoire finale est d’ailleurs récompensée par une aide à l’ouverture de restaurants – une concurrence pour le métier –, ou d’ateliers de cuisine ou encore la publication de livres de recettes. Quant aux restaurateurs finalistes de Top Chef, ils peuvent gagner des étoiles au Michelin et bien sûr aussi en notoriété… ce dont tout chef rêve !

Comment postuler à Top Chef ?

Envie de remettre sa cuisine en question ? Soif de notoriété ? Goût particulier pour la compétition ? Autant de raisons qui poussent certains restaurateurs et autres professionnels de l’hôtellerie-restauration (prérequis indispensable) à se lancer dans l’aventure Top Chef.

Pour intégrer le « plateau », il faut d’abord postuler par candidature spontanée, déposée en ligne avant chaque nouvelle « saison », ou se faire repérer par l’un des chasseurs de tête de l’émission. Etape suivante, non des moindres : passer un concours, en réalisant des assiettes qui seront notées par un binôme composé d’un Meilleur Ouvrier de France et d’un critique gastronomique. Alors ? Prêts ? Partez donc…

PrécédentSuivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Send this to a friend