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Des étoiles plein les bottes !

Copyright illustration : http://rural-paris.com/

Dernier en date sur une liste qui s’allonge ces derniers mois, le chef Marc Veyrat a décidé de rendre ses étoiles glanées au guide Michelin. Lequel a refusé tout net. Pas de problème pour le médiatique restaurateur qui a su se faire entendre de ses clients et ne devrait pas les perdre pour autant. Mais qu’en est-il pour l’établissement plus modeste, lorsqu’il en peut plus des commentaires des internautes sur la Toile par exemple ?

L’affaire a fait grand bruit début juillet

C’est en effet le moment choisi par le Chef haut savoyard Marc Veyrat pour annoncer qu’il avait demandé au Guide Michelin de le retirer de la liste de ses restaurants étoilés (2 aujourd’hui). D’aucuns y ont vu une réaction d’humeur à la suite de la perte de la troisième étoile de son établissement lors de la dernière parution du guide. Mais Marc Veyrat a plutôt mis en avant la lassitude de ses équipes, leur incompréhension également face à une notation jugée injuste. Il a expliqué avoir vécu une période de dépression, et ne plus vouloir faire subir à ses employés le stress qui accompagne les visites anonymes des critiques gastronomiques.

Il a également mis en cause le professionnalisme de ces critiques, assurant qu’ils ne savaient sans doute pas de quoi ils parlaient quand ils « descendaient » certains plats. Il est même allé jusqu’à mettre en doute la venue même des critiques dans son restaurant, suggérant ainsi que la note et les étoiles relevaient plutôt d’une volonté de « se faire » un restaurateur connu.

Le Guide Michelin a répondu à ces attaques en réaffirmant que chaque restaurant noté était effectivement visité, de manière anonyme et par des critiques gastronomiques professionnels. Leur anonymat devant être préservé à tout prix, il ne reste qu’à croire les uns (ou les autres) concernant la réalité de la visite et leur professionnalisme.

Le guide a aussi refusé d’ôter le restaurant de sa dernière édition et des suivantes. Ce qui pose une vraie question : un restaurateur peut-il imposer à un éditeur et par extension à un site internet par exemple, de le déréférencer parce que les critiques l’insupportent ou, plus simplement, parce qu’il n’a pas besoin de ce support médiatique pour remplir son établissement (ce qui est évidemment le cas de Marc Veyrat, à qui la publicité née de la polémique qu’il a lui-même médiatisée, va finalement profiter) ?

La réponse semble bien être non

Ou plus exactement, refuser les commentaires des internautes amène souvent à refuser d’être sur les plateformes de réservation comme la Fourchette ou de référencement comme Google ou Pages Jaunes. Car l’acceptation des commentaires fait partie des conditions d’adhésion à ces services qui amènent aussi du monde dans les restaurants, et en particulier des nouveaux qui se sont laissés séduire par les commentaires positifs justement.

Cercle vicieux ? Sans doute. Mais il est possible d’en sortir.

A deux conditions au minimum : la première, être sur de son rapport qualité/prix et de la fidélisation des clients qui en découle. La seconde, se trouver dans un endroit suffisamment fréquenté pour quel le flux naturel de visiteur passant devant votre devanture vous assure un renouvellement régulier de votre clientèle. Et la troisième ? Être doté d’un solide sens de l’humour et de la communication pour expliquer tout cela y compris sur internet comme l’on fait récemment ces restaurateurs bretons en montrant leurs postérieurs aux internautes accros aux commentaires 😉 !

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