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Des restaurants en centre-ville… pour le bien de tous

Les élections municipales à venir relancent le débat sur la revitalisation des centres-villes, en particulier dans les zones rurales ou périurbaines. Plusieurs initiatives, certaines gouvernementales, d’autres territoriales ou encore associatives,   Aux restaurateurs candidats de se faire connaître !

Le débat sur la désertification des zones rurales et l’absence de commerces dans les centres villes impose aux politiques de prendre le sujet à bras le corps. A tel point que le gouvernement a émis au printemps un appel à projets de revitalisation et d’animation des commerces, dont le but était de subventionner toute action permettant d’attirer à nouveau la clientèle vers ces quartiers commerçants désertés pendant la crise.

A ce jour, une bonne trentaine de conventions ont été signées avec des villes – moyennes ou grandes – qui ont en commun d’avoir subi des dégradations importantes pendant les manifestations. Le montant total des subventions allouées atteint 5,7 millions d’euros de la part de l’Etat, auxquels s’ajoutent les montants débloqués par les collectivités territoriales.

Cependant, si le geste a le mérite d’exister, il reste financièrement symbolique par rapport aux enjeux qui dépassent largement le soutien à une kermesse censée revenir les clients.

A ce titre, les restaurants et les cafés mériteraient sans doute une attention particulière : en effet, depuis 1960, près de 570 000 d’entre eux avaient disparu en 2016 selon une étude du Credoc, essentiellement dans les zones rurales et péri-urbaines. A tel point que les 34 000 établissements restants font l’objet d’une mobilisation générale, notamment de la part de l’UMIH qui parle des cafés-hôtels-restaurants comme du premier réseau social de proximité dans les campagnes.. !

Mais pour faire revenir des établissements dans les villes et dynamiser les quartiers qui les accueillent, il faut bien différencier les situations, selon la taille des agglomérations.

Grandes villes : Stationnement facile et animations

Constats :

  • Les zones commerciales se multiplient à la périphérie des villes
  • Les immeubles de bureaux sont également de plus en plus éloignés
  • Les emplacements en ville pour ouvrir un commerce sont rares et chers
  • Les nouveaux immeubles ne prévoient pas suffisamment de locaux commerciaux
  • Les places pour stationner à proximité des commerces sont rares
  • Les réseaux de transport n’irriguent pas assez les centres villes

Solutions :

  • Connecter le centre-ville et les zones périphériques avec des moyens de transports doux et rapides : exemple, le Trambus de Nîmes qui permet à un occupant d’un bureau sur zone d’activités de venir se restaurer facilement en centre-ville près des Arènes
  • Mettre en place une logique flexible d’implantation de commerces aux pieds des immeuble, en coordination avec les communes, dès la rédaction du cahier des charges.
  • Fluidifier l’accès aux places de stationnement aux heures du déjeuner – clientèle des bureaux -, en soirée (tarifs préférentiels dans les parkings surveillés) ou encore le samedi (heures gratuites à négocier avec les associations de commerçants)
  • Créer une dynamique événementielle et l’entretenir, à l’exemple de Rouen avec sa grande braderie, parmi beaucoup d’autres.
  • Nommer un manager de centre-ville (voir encadré), responsable des relations avec les commerçants

Villes moyennes : faire revenir les habitants et les connecter aux commerces existants

Constats :

  • Les villes moyennes et petites sont les plus durement touchées par la paupérisation de leur population (fermeture d’usines et de services publics)
  • L’offre de restauration est atone, les établissements de gamme moyenne et haute n’ayant plus assez de clients
  • Un grand nombre de commerces ferment en centre-ville, faute de clientèle

Solutions :

  • Participer au programme du gouvernement lancé fin 2017 lors de la deuxième Conférence des territoires à Cahors. Doté de 5 milliards d’euros, ce plan baptisé « Action coeur de ville », s’adresse aux villes moyennes et à 222 d’entre elles en priorité. Il prévoit l’ouverture de nouveaux commerces, la rénovation de logements sociaux, la restauration de bâtiments anciens, l’emménagement de nouvelles familles et enfin la création d' »écoquartiers » ou d’espaces publics. Parmi les outils proposés, une taxe sur les commerces vacants, le développement de baux commerciaux de courte durée.
  • Renforcer ou susciter les associations de commerçants locaux et élaborer des schémas directeurs ensembles
  • Flécher les installations en fonction d’une politique volontariste de revitalisation. On oublie souvent que les maires disposent d’outils légaux pour faciliter l’installation de tel ou tel type de restaurants par exemple, comme à Brest dans l’ancien immeuble de France Bleu ou à Noisy le Grand pour renforcer l’attractivité des bords de Marne.

Villages et bourgs : Jouer la carte du multi-service dont la restauration

Constats :

  • La plupart des villages et bourgs avaient encore des commerces et des points de restauration ou des bars il y a 40 ans, il n’y en a presque plus aujourd’hui
  • Pourtant, globalement, la population de ces communes n’a pas baissé
  • Les habitants sont obligés de faire de nombreux kilomètres pour faire leurs courses ou trouver un restaurant

Solutions :

  • S’appuyer sur les syndicats professionnels ou les associations pour faire venir des professionnels. L’initiative du groupe SOS 1000 cafés vient par exemple d’être réactivée par le groupe SOS.
  • Favoriser la réversibilité des lieux, de leurs destinations (commerce, bureaux, habitations…) et de leurs usages. Pouvoir utiliser
  • Mener une réflexion avec ces professionnels pour détecter les besoins de la population et les servir grâce à des établissements multi-services. Et ne pas hésiter à innover comme avec cette librairie-restaurant à Bièvres (91). Quant aux restaurateurs à la recherche de projets, qu’ils n’hésitent pas à consulter les annonces des agences locales de développement économique ou de la chaine internet demain.fr.

Manager un centre-ville, un vrai métier

Les plus grandes villes, mais aussi certaines agglomérations plus rurales, intègrent progressivement ces nouveaux profils de cadres territoriaux, à connaître que vous vouliez vous implanter ou vous développer.

Réunis au sein d’un club (le CMCV), ils se consacrent en particulier aux missions suivantes :

  • Elaboration du plan de développement de l’offre commerciale
  • Travail avec l’urbanisme et les services techniques de la ville, voire la police municipale, sur les plans de circulation, les offres de stationnement, l’occupation de l’espace public par les commerces
  • Entretien du lien avec les unions commerçantes
  • Co-conception de business plan avec les candidats à l’installation dans des locaux neufs ou à reprendre

Communication sur les aides proposées par le territoire et les locaux disponibles tentent de faire revenir des habitants, entreprises en apportant de la vie dans les quartiers via des lieux de vie favoriser la réversibilité des lieux

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