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Recrutement dans la restauration : des apps… sinon rien ?

Depuis trois ans,, les applications fleurissent pour aider au recrutement dans la restauration. Qu’elles soient à vocation locales, spécialisées sur certains métiers ou encore pour pallier aux besoins de dernière minute, elles renforcent l’éventail des solutions face à l’épineux problème de la pénurie de main d’œuvre.

Cela fait plusieurs années que les représentants de la profession alertent les pouvoirs publics sur la pénurie de main d’œuvre dans l’hôtellerie et la restauration. Plusieurs initiatives ont été mises en place, traitant par exemple de l’attractivité de l’apprentissage. On ne peut que souhaiter leur réussite, mais elles ne peuvent pas produire d’effets positifs à court terme. En attendant, les restaurateurs aux prises avec le manque de personnel sont donc obligés de trouver des solutions de contournement.

Les « tinders » du recrutement

Voilà sans doute l’explication de la prolifération des apps destinées au recrutement dans la profession. Chaque mois apporte son lot de nouveautés, avec pour la dernière période et à titre d’exemple, des versions régionales comme ici en Vendée, ou là en Aquitaine (à l’initiative de l’UMIH régionale). Il faut dire que le développement de ces solutions pour smartphones n’a jamais été aussi facile. Et que les mises en relation qu’elles proposent sont bien dans l’air du temps, et de la mode des réseaux sociaux ou des applications de rencontre : une fiche de présentation du restaurant et du poste, une autre du candidat, des likes réciproques et voilà une affaire qui marche…

Ces solutions sont donc plutôt bien adaptées aux urgences et aux besoins ponctuels. Sans surprise, on en trouve donc énormément qui visent spécifiquement les extras. Citons par exemple : Extracadabra, Gofer, Job Minute, Badakan, Brigad ou encore Bonjob. La liste est déjà longue et s’enrichit régulièrement.

Le rapport de forces inversé

En consultant ces différents sites, le restaurateur constatera rapidement un discours récurrent sur le droit des employés à choisir leurs lieux et leurs moments pour travailler, plutôt que des messages sur le retour à l’emploi. Cela pourra choquer ceux des patrons qui pensent « offrir » un travail mais les temps ont changé. La pénurie de main d’œuvre et la pénibilité –réelle ou fantasmée – des postes proposés, mettent les candidats en position de force. L’employeur doit donc s’efforcer de séduire sur ces sites/applications, même si en fin de compte, c’est bien lui qui acceptera ou non la candidature.

Autoentrepreneur autant que salarié

L’évolution des mentalités se constate aussi au niveau des statuts du collaborateur. De plus en plus souvent, il ne cherche plus un poste en CDI mais assume son souhait de mobilité et d’indépendance, par exemple en optant pour le statut d’autoentrepreneur. Un vrai virage, que les spécialistes du recrutement n’hésitent pas à relier au mouvement de fond que constitue « l’uberisation » de la société.

Pour le restaurateur à la recherche de compétences, il faudra aussi prendre cette tendance en compte et intégrer qu’aujourd’hui la relation employeur/collaborateur s’estompe au profit d’une relation client/fournisseur. Tout en gardant bien présent à l’esprit le fait que, sur un marché dominé par l’offre (d’emplois) plus que par la demande (pénurie de main d’œuvre), non seulement les comportements incorrects vis-à-vis du personnel sont rapidement sanctionnés par des départs, mais de plus, avec la possibilité pour ce dernier d’exprimer son avis sur les réseaux sociaux, les recrutements ultérieurs pourront s’en trouver encore plus compliqués.

Une tendance générale, l’emploi au coin de la rue, vraiment ?

Cornerjob mais aussi Linkelin, et même Maintenant chez Pole Emploi. Les grands sites de recrutement jouent tous la carte de la proximité et de l’instantanéité de la mise en relation. Avec succès sur le plan de la quantité des contacts, beaucoup moins sur leur concrétisation. On lira à ce sujet avec intérêt le témoignage de cette journaliste qui a testé ces applications. Et on en retiendra trois choses :

  • Mieux vaut utiliser les apps dédiées aux métiers de la restauration que d’aller se perdre sur des sites généralistes
  • Les recrutements par cette voie sont rapides… et la fidélité des employés fragile en conséquence
  • Pour recruter sur le long terme… il faut aussi s’impliquer sur le long terme
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